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L´ uruguay n´a rien à rougir.

Les Oranje aux anges

Vainqueurs de l'Uruguay (3-2), les Pays-Bas se qualifient pour la troisième finale de Coupe du monde de leur histoire. Sneijder a marqué son cinquième but de la compétition.

 

Arjen Robben et les Pays-Bas se rapprochent de leur rêve de   décrocher la première étoile de leur histoire.(REUT)
Arjen Robben et les Pays-Bas se rapprochent de leur rêve de décrocher la première étoile de leur histoire.(REUT)

Après avoir fait tomber le Brésil, les Pays-Bas se sont défait de l'Uruguay mardi soir (3-2). Mais, paradoxalement, cela a presque été plus dur ! Car jouer pour s'offrir une finale de Coupe du monde fait trembler les guiboles et embrouille les têtes au moment de faire la bonne passe ou la bonne frappe. Cela a été vrai pour les Néerlandais comme pour les Uruguayens. Mais au final, l'expérience d'un Sneijder ou d'un Robben, la rage d'un van Bommel et la réussite d'un van Bronckhorst ont pesé lourd dans la balance pour permettre aux Oranje de jouer leur troisième finale mondiale après 1974 et 1978.

Tenus en échec 1-1 à vingt minutes de la fin par une équipe d'Uruguay qui a (bien) joué son jeu, les hommes de van Marwiijk ont alors réussi à se lâcher. L'entrée d'un joueur plus offensif au milieu (van der Vaart) à la place d'un de Zeeuw sonné par un coup de pied, leur a permis de jouer plus haut. En quatre minutes (69e-73e) et deux poteaux rentrants, ils ont envoyé la Celeste jouer une petite finale, ce qui n'est pas si mal pour un pays de 3 millions d'habitants. La frappe de Sneijder, pas touchée par un van Persie qui avait un pied hors-jeu, a redonné l'avantage aux Oranje. La superbe tête de Robben suite à un centre de Kuyt a assommé les Charruas. Ces derniers avaient pourtant tenu bon jusque-là, malgré les absences de Fucile, Suarez (suspendus), Lugano et Lodeiro (blessés). En cercle dans le couloir des vestiaires juste avant la deuxième mi-temps, ils ont joué leur chance à fond.

Van Bronckhorst et Forlan : Quelles frappes !

Van Bronckhorst ouvre le score

Bien entrés dans leur match, pressant haut sur Sneijder, Robben et Kuyt, les joueurs de Tabarez ont pourtant concédé l'ouverture du score. D'une immense frappe de 36 mètres et chronométrée à 109 km/h, van Bronckhorst (18e) a trouvé la lucarne opposée de Muslera. Il y a treize ans, le latéral gauche inscrivait son premier but en oranje en Afrique du Sud, déjà. 105 sélections plus tard, il en a marqué seulement six. Mais celui de mardi soir est carrément le plus beau du Mondial ! Derrière, celui de Forlan n'est pas mal non plus. L'égalisation de l'attaquant de l'Atletico, d'une frappe superbe de 30 mètres du gauche, a longtemps entretenu l'espoir charrua.

Tout comme la réduction du score à 2-3 signée Maxi Pereira (90e) avec d'interminables arrêts de jeu. L'arbitre ouzbek, visiblement ravi d'être sur le terrain, a permis aux Uruguayens d'avoir encore une ou deux occasions. La défense batave a tenu bon. En finale, les Pays-Bas récupéreront van der Wiel et de Jong complètement frais. Ils en auront bien besoin face à l'Allemagne (pour une revanche de 1974?) ou l'Espagne. - Cyril OLIVES

«Un grand parcours»

Egidio Arevalo Rios (milieu de l'Uruguay): «Après beaucoup d'années passées ensemble, nous voulions aller jusqu'à la finale, mais nous sommes tombés sur une équipe très forte, c'est le football... Mais l'Uruguay a réussi un grand parcours.»

Oscar Washington Tabarez (sélectionneur de l'Uruguay): «Ce match a été digne d'une demi-finale de Coupe du monde. Je suis fier de mes joueurs, on accepte la défaite face à un adversaire qui était meilleur que nous. Nous sommes tristes car nous n'étions pas si loin...» (AFP)

«Rien de plus grand»

«Enorme», «fantastique», «éprouvant pour les nerfs» : les Néerlandais ont raconté avec...des étoiles plein les yeux leur demi-finale remportée face à l'Uruguay (3-2).
Gio van Bronckhorst et Wesley Sneijder, tous les deux buteurs   contre l'Uruguay, sont fous de joie après la qualification des Pays-Bas   pour la finale.(REUT)
Gio van Bronckhorst et Wesley Sneijder, tous les deux buteurs contre l'Uruguay, sont fous de joie après la qualification des Pays-Bas pour la finale.(REUT)

Wesley Sneijder (milieu des Pays-Bas, à la télévision publique néerlandaise): «Cela a vraiment été difficile, mais tout se termine bien puisque nous sommes en finale. La chose la plus importante, c'était de gagner. On est si près (du titre) maintenant. Il n'y a rien de plus grand que la Coupe du monde. C'est énorme, fantastique (...) Nous avons cinq jours pour récupérer. Nous devons nous préparer et voir qui sera notre adversaire. J'ai joué et gagné la finale de la ligue des champions avec l'Inter Milan cette saison. Je dis à mes équipiers de savourer l'instant.»

Robin van Persie (attaquant des Pays-Bas, à la télévision publique néerlandaise): «Nous avons bien joué. Nous avons marqué de beaux buts. Nous pouvons être fiers. Maintenant, nous devons penser à récupérer, et attendre le tour suivant. Que ce soit face à l'Espagne ou à l'Allemagne, ce sera un défi fantastique, et cela constituera une expérience extraordinaire dans une carrière.»

Arjen Robben (attaquant des Pays-Bas, à la télévision publique néerlandaise): «On sentait tout simplement que ça allait marcher. C'est un groupe tellement génial. Encore un match et on y est ! J'ai perdu récemment une grande finale (NDLR: avec le Bayern, en Ligue des champions). Cela ne va pas m'arriver encore une fois ! L'Espagne et l'Allemagne sont deux pays de football formidables. Si c'est l'Allemagne, j'aimerais gagner dix fois plus que si c'est contre l'Espagne. Car sinon je n'oserais pas revenir au Bayern la saison prochaine».

Dirk Kuyt (attaquant des Pays-Bas): «C'est la victoire d'un groupe solide où chacun met ses qualités au service des autres. Nous avons d'ailleurs des qualités insoupçonnées : Robben qui marque de la tête, cela n'arrive jamais ! En première période, nous avons un moment perdu le contrôle du milieu de terrain, en raison principalement de la blessure de Demy de Zeeuw. Nous avons alors laissé l'Uruguay revenir dans le match mais je savais que nous reprendrions le contrôle assez vite.»

Henk Kessler (directeur de la Fédération néerlandaise): «Quel match éprouvant pour les nerfs ! Mais nous y sommes, c'est fantastique. Maintenant, il faut effacer l'échec de 1974 (NDLR : quand les Pays-Bas avaient été battus en finale par l'Allemagne).»

 

Foot - CM - URU

«On accepte la défaite»

Applaudi par les journalistes à l'issue de sa conférence de presse, Oscar Tabarez s'est montré très fair-play après l'élimination de l'Uruguay par les Pays-Bas (2-3), aux portes de la finale.
Tabarez (à gauche) a été contraint de faire sortir Forlan car   l'attaquant a joué blessé contre les Pays-Bas.(REUT)
Tabarez (à gauche) a été contraint de faire sortir Forlan car l'attaquant a joué blessé contre les Pays-Bas.(REUT)

«Oscar Tabarez, c'était une soirée difficile...
Mon équipe méritait de faire une demi-finale, nous acceptons la défaite. Je suis fier de mes joueurs. Nous ne voulions pas perdre. Nous sommes tristes. Nous sommes allés si loin...

«c'est clair que les Néerlandais sont doués. Leurs buts sont magnifiques»

Le match a été équilibré pendant 70 minutes...
Sur le premier but, c'est clair que les Néerlandais sont doués. Ça peut partir de n'importe où. Leurs buts sont magnifiques. Le second était décisif. Mais il était hors-jeu. Le match aurait pu être différent. Mais ils sont puissants offensivement. Maxi Pereira nous a permis de croire que nous pourrions aller en finale en marquant dans les arrêts de jeu. C'était une bonne façon de perdre.

Pourquoi avoir sorti Forlan avant la fin ?
Forlan avait un problème. Il était blessé. Je ne suis pas fou pour le sortir à 3-1 contre nous sans raison. Il m'avait dit pendant le match qu'il souffrait. Ce n'était pas très grave. Mais ça se voyait qu'il n'était pas à 100%.

Qu'avez-vous pensez de l'arbitrage ?
Le deuxième but des Pays-Bas était hors-jeu. Ça tombe au mauvais moment. Mais nous ne cherchons pas d'excuse.

«Forlan avait un problème. Il était blessé. Je ne suis pas fou pour le sortir (84e) à 3-1 contre nous sans raison»

Comment voyez-vous le match pour la troisième place ?
Nous devons enterrer cette élimination et notre tristesse. Nous devons donner une belle image pour ce match. Ce match est important à mes yeux.

Que retenez-vous de ce Mondial ?
Quand nous regardons en arrière, nous sommes dans le dernier carré, dans les quatre gros du Mondial. Ceux qui nous ont battus vont en finale mais nous aurions pu les mettre en difficulté. Mais nous savons à quelle place nous sommes sur l'échiquier mondial. Que demander de plus ?

Avez-vous été surpris par votre équipe ?
Il faudrait poser cette question au coach des Pays-Bas. Nous avons bien joué. Nous avons imposé notre style en début de match. Mais les Néerlandais sont excellents, surtout au milieu.

Allez-vous continuer à la tête de la sélection ?
Ça ne dépend pas de moi. Je ne peux pas dire si je suis candidat pour la suite. Il faut attendre la prochaine étape. J'ai vu des choses qui peuvent s'améliorer. Je ne pense pas que ce soit le moment de parler de ça, ça pourrait être mal interprété.» (AFP)

 

«Au Barça aussi, ils défendent !»

Dans la foulée de la qualification des Pays-Bas pour la finale, mardi aux dépens de l'Uruguay (3-2), Bert van Marwijk a expliqué le discours qu'il tient aux joueurs : le jeu offensif ne doit pas faire oublier la défense.
Van Marwijk aime le beau jeu mais demandent à ses joueurs de   défendre. Même Robben !(EQ)
Van Marwijk aime le beau jeu mais demandent à ses joueurs de défendre. Même Robben !(EQ)

Qualifié pour la finale de la Coupe du monde avec ses Pays-Bas, Bert van Marwijk a livré, mardi soir après la victoire face à l'Uruguay (3-2), une partie de sa recette. «J'ai dit à mes joueurs de ne pas lâcher cette bonne atmosphère qui règne entre eux si près de la finale, raconte le sélectionneur batave. J'ai dit aux joueurs que j'aimais le foot offensif, mais qu'il fallait savoir garder le ballon, faire les efforts défensifs. Le Barça joue le foot que j'aime. Et leurs joueurs, au Barça, les Messi, les Iniesta, ils sont les premiers à faire les efforts défensifs !».

«L'Espagne joue le meilleur foot de tous les pays, mais l'Allemagne est la meilleure dans ce tournoi. Je ne dirai pas que je préfère l'une ou l'autre»

L'ancien coach du Feyenoord Rotterdam, qui a remporté la Coupe de l'UEFA (2002) avec le club néerlandais, estime que les Pays-Bas «jouent simplement, et de belle façon, au football». «Mais quand nous gagnons, d'habitude, nous prenons trop confiance et nous rentrons à la maison», a-t-il poursuivi, fidèle à son discours depuis sa prise de fonction après l'Euro 2008. Les Oranje pourraient d'ailleurs affronter le champion d'Europe en titre en finale, l'Espagne. Ou l'Allemagne, qui avait battu les Pays-Bas lors de la première finale mondiale de leur histoire, en 1974. Van Marwijk n'a pas donné de préférence, mardi soir. «C'est difficile à dire. L'Espagne joue le meilleur foot de tous les pays, mais l'Allemagne est la meilleure dans ce tournoi. Mais je ne dirai pas que je préfère l'une ou l'autre».

Le sélectionneur néerlandais a alors un peu creusé la question. «L'Espagne, ce serait bien car nous jouons un peu comme elle, estime-t-il. Mais l'Allemagne ce serait génial après la finale de 1974, c'est vrai (...) Je ne pense pas en terme de revanche. En 1974, les Pays-Bas avaient bien joué mais perdu. Nous aurions dû le gagner ce match. C'était une génération unique avec Cruyff. C'est génial que nous arrivions encore en finale tant d'années

 

 

 

 

(lequipe.fr)

Les buts en fichier gif signè (al-khadra.com)