«La victoire d'un collectif»
Notre envoyé spécial à Johannesburg, David Michel, répond à vos questions après la finale du Mondial, remportée dimanche par l'Espagne en prolongation aux dépens des Pays-Bas (1-0).
Iker Casillas, le capitaine espagnol, soulève le trophée tant convoité.(AFP)
L'Espagne a-t-elle mérité son sacre ? (de camachoroja)
Amplement, même si le chemin fut tortueux et semé d'embûches pour s'installer sur le toit du monde. La Roja a mérité son succès lors de cette finale non seulement parce qu'elle a su marquer le but qu'il fallait ("gracias" Iniesta !) mais surtout parce que c'est elle qui a montré le plus d'ambition dans cette dernière partie très fermée. Il en a fallu du courage pour tenir le ballon pendant 120 minutes comme elle l'a fait. Comme à leur habitude, les joueurs de Del Bosque ont usé leur adversaire et ont fini par trouver la lumière en fin de match. Un but d'écart face au Portugal en huitièmes, au Paraguay en quarts, à l'Allemagne en demie et donc face aux Pays-Bas. Même recette pour le même résultat. C'est la victoire d'un collectif extrêmement bien rodé et de la fidélité à un jeu qui prône l'offensive. L'audace espagnole a été récompensée. Iniesta, Xavi, Villa, Casillas méritent tous ce trophée. Ce premier sacre mondial pour l'Espagne ne souffre aucune contestation.
L'audace espagnole a été récompensée. Iniesta, Xavi, Villa, Casillas méritent tous ce trophée. Ce premier sacre mondial pour l'Espagne ne souffre aucune contestation.
Pourquoi l'Espagne a été si souveraine au milieu du terrain ? (de za)
Dès le début du match, l'Espagne s'est accaparée le ballon. Les Oranje sont restés dans leur moitié de terrain et ont tout de suite défendu assez durement. Trois occasions nettes, deux par Sergio Ramos et une de Villa, sont venues ponctuer cette domination outrageuse lors du premier quart d'heure. La Roja n'a pas desserré l'étau par la suite mais a manqué de solution pour faire la différence. Impossible, ou presque, de trouver Villa ou Pedro dans la profondeur. Les Pays-Bas ont pris le risque de jouer extrêmement bas. Ils ont délibérément défendu à dix derrière mais n'ont pas subi de la même manière que les Allemands en demie. Se recroqueviller de la sorte était calculé. Les Néerlandais étaient en place et attendaient le trou, l'espace vacant ou bien encore un coup de pied arrêté pour porter l'estocade. Ils ont tout misé sur la fougue et la vitesse de Robben. Cela a failli fonctionner, sauf que Casillas était une nouvelle fois dans un grand soir. La persévérance espagnole a fini par payer après l'entrée de Fabregas, finalement passeur décisif pour Iniesta. Un but de milieux de terrain.
Ni Villa ni Robben n'ont réalisé un grand match. Les deux joueurs ont été quasiment invisibles lors de la première période.
Qui de Villa ou de Sneijder a réalisé le meilleur match ? (de maleuleu78)
Ni l'un ni l'autre n'a réalisé un grand match. Les deux joueurs ont été quasiment invisibles lors de la première période. Les milieux espagnols n'ont pas su trouver le nouvel attaquant du Barça, qui s'est quand même procuré une occasion à la 12e minute (reprise dans le petit filet). Le numéro 7 de la Roja est sorti de sa coquille en seconde période avec notamment trois occasions entre la 70e et 77e. Del Bosque l'a remplacé par Torres au coup d'envoi de la seconde période de la prolongation. De son côté, Sneijder n'a pas non plus été épatant. Il n'a pas touché beaucoup de ballons, son équipe passant son temps à défendre. A son actif, un coup franc direct bien capté par Casillas (18e) et une nervosité palpable. On a davantage vu Robben, qui a bien failli ouvrir le score peu après l'heure de jeu, si Casillas n'avait pas sorti une parade extraordinaire (62e).
Est-ce que Wesley Sneijder a le profil type du futur Ballon d'Or ? (de Dudu45)
Il est évident que Wesley Sneijder est l'un des favoris pour le prochain Ballon d'Or. Le meneur de jeu néerlandais a réalisé une saison de rêve. Il a tout gagné avec son club de l'Inter Milan : un fantastique triplé Championnat-Coupe d'Italie-Ligue des champions. Sous les ordres de José Mourinho, qui était très content de le récupérer il y a un an pour seulement 15 millions d'euros, l'ancien de l'Ajax a pris une autre dimension. Et lors de cette Coupe du monde, il a confirmé en s'élevant au rang des meilleurs même s'il a raté sa finale. David Villa, Arjen Robben et Bastian Schweinsteiger sont d'autres postulants. Il reste encore cinq mois de football mais pour l'instant Sneijder semble tenir la corde.
M. Webb, qui a sorti quatorze cartons au total, fut déroutant sur certains choix ou certains oublis.
Comment avez-vous trouvé l'arbitrage de Monsieur Webb ? (de luluaddict, Hibbs, yarichini, supertitom et nonasmop)
Très critiqué par les Espagnols après les avoir arbitrés lors de leur défaite contre la Suisse (0-1), lors du premier match de poule, l'arbitre anglais a tout de suite eu la volonté de ne pas se faire déborder. Il a sorti pas moins de cinq cartons jaunes lors de la première demi-heure. Trois côté Pays-Bas et à chaque fois pour des fautes qui méritaient une sanction. Concernant les fautes de Van Bommel, auteur d'un méchant tacle sur Iniesta, et de De Jong, le pied en avant en plein thorax de Xabi Alonso, le carton rouge aurait pu être sorti. M. Webb a voulu se montrer sévère pour imposer son autorité mais on peut paradoxalement lui reprocher une indulgence évidente. Il a oublié de sanctionner l'Espagne d'un coup franc à l'entrée de la surface après que Puyol ait freiné Robben, qui filait seul au but (83e). A évité d'avertir Iniesta, Robben, ou Van Persie pour des gestes d'humeur tard dans le match. A fini par exclure Heintinga lors de la prolongation. A juste titre. Mais il fut déroutant sur certains choix ou certains oublis.
Quelle fut l'ambiance pour cette finale ? (de Olive 15)
On a connu ambiance plus survoltée durant ce Mondial. Quand jouaient l'Afrique du Sud, le Ghana, le Brésil ou bien encore l'Argentine, c'était autrement plus bouillant et bruyant. Chose étonnante, les vuvuzelas n'ont pas été à la fête. Plutôt une bonne chose. Pour cette finale, le Soccer City était beaucoup plus garni de supporters néerlandais que de fans espagnols. Connus pour être très chauds, les Bataves n'ont toutefois pas mis une ambiance de folie. En début de match, moment crucial qui est censé donné le ton, ils ont d'ailleurs été très calmes, à l'image de leur équipe. Le calme avant la tempête ? Non, l'ambiance est restée à minima tout le long de la partie. Il n'y avait pas de douzième homme dimanche soir au Soccer City, où étaient quand même présents 84 450 spectateurs.
David MICHEL, à Johannesburg (Afrique du Sud)
Libre de tout marquage, Carles Puyol punit l'Allemagne sur corner.(REUT)
L'Espagne est en route pour un fantastique doublé. Exactement dix ans après l'équipe de France, la Roja, championne d'Europe il y a deux ans, entrera dans l'histoire du football si elle remporte le titre mondial dimanche à Johannesburg. La sélection de Vicente Del Bosque a validé son ticket pour la finale du Mondial sud-africain en dominant l'Allemagne ce mercredi à Durban (1-0) grâce à un but de Carles Puyol au milieu de la seconde période. Il n'y a donc pas eu de revanche de l'Euro pour des Allemands qui se sont inclinés pour la deuxième fois sur le même score. Les Espagnols affronteront les Pays-Bas lors d'une finale européenne aussi alléchante qu'inespérée il y a un mois.
Après avoir détruit et humilié l'Angleterre (4-1), puis l'Argentine (4-0), l'Allemagne a joué petit bras devant une Seleccion fidèle à elle-même. Explosive et incisive jusque-là, l'équipe de Joachim Löw a buté sur une équipe d'Espagne qui comme en 2008 a eu l'emprise du milieu. Face à une équipe allemande très regroupée et d'une extrême prudence, les efforts ibériques ont naturellement fini par payer. Villa (6e, 55e), Puyol (14e), Sergio Ramos (19e), Xabi Alonso (30e, 48e) et Pedro (45e et 58e) ont mis une pression d'enfer sur les buts de Neuer. C'était avant la délivrance, pour une fois non signée des crampons de Villa.
Le portier de la Mannschaft a fini par céder à moins de vingt minutes de la fin sur un corner de Xavi. Le défenseur catalan Carles Puyol a sauté plus haut que tout le monde pour mettre au fond le ballon d'un coup de tête rageur (72e, 1-0). Et il s'en est fallu d'un cheveu que Pedro ne double la mise dans la foulée (81e). L'Espagne a maîtrisé son sujet et mérite sa place en finale. Favorite, l'Allemagne est encore passée à côté. La quatrième étoile attendra. - D. Mi., à Durban.
2010, l'odyssée de l'Espagne
La 19e Coupe du monde a rendu son verdict et le Soccer City de Johannesburg a déroulé le tapis rouge pour l'Espagne, victorieuse des Pays-Bas (1-0, a.p.), deux ans après son sacre à l'Euro.
Iniesta fou de joie : il vient d'inscrire, à la fin de la deuxième prolongation, l'unique but de la finale et offre le titre de champion à l'Espagne.(REUT)
Le trophée s'est longtemps fait désirer. Au terme d'une finale extrêmement fermée et donc très décevante sur le plan du jeu, il a fallu la prolongation pour départager les deux finalistes. La décision est venue à cinq minutes de la séance de tirs au but par le petit génie catalan Iniesta. Cette victoire sonne la consécration de l'Espagne, championne d'Europe en titre, et qui devient le huitième champion du monde de l'histoire mais aussi le premier pays européen à triompher hors de son continent. C'est une énorme déception en revanche pour les Oranje, qui échouent pour la troisième fois en finale après les échecs marquants de 1974 et 1978.
La Coupe s'est offert au plus ambitieux des deux. Mais que ce fut laborieux. Une véritable partie d'échec s'est mise en place entre une Roja toujours aussi possessive avec le ballon et des Oranje à l'esprit ultra défensif. Les 84 450 spectateurs n'ont pas eu la chance d'assister à une finale mémorable. Il n'y avait pas les ingrédients pour offrir un grand spectacle. Cette finale a quelque peu reflété cette Coupe du monde, où les grands matches non pas été légion. L'Espagne n'a jamais réussi lors des 90 premières minutes à forcer le verrou néerlandais, fermé à double tour. Sergio Ramos (5e, 11e et 77e), Villa (12e, 70e, 75e et 77e), Pedro (38e) et Xavi (52e et 110e) ont tenté. En vain. Le meilleur espagnol aura pendant longtemps été "San Iker" Casillas, auteur de deux sorties impeccables devant Robben (62e et 83e). L'ailler du Bayern était le seul Oranje à insuffler un peu de mouvement et d'espoir. Mais il était bien seul.
Les entrées de Jésus Navas, lequel a remplacé à l'heure de jeu un Pedro invisible, puis de Fabregas, ont apporté de l'eau au moulin d'une Seleccion impuissante. Le Sévillan s'est de suite montré à son aise en servant Villa par deux fois (66e et 70e). Le Gunner a, lui, manqué un grand duel face à Stekelenburg en tout début de la prolongation (124e). C'était le match des duels perdus. Avant l'éclair de génie d'Iniesta, le sauveur. Un grand monsieur. - D. Mi., à Johannesburg
Foot - CM
Forlan meilleur joueur du tournoi
Diego Forlan, meilleur joueur du Mondial 2010.(EQ)
Au pied du podium avec la sélection uruguayenne, Diego Forlan n'a pas tout perdu. La FIFA a en effet désigné l'attaquant de la Celeste meilleur joueur de cette Coupe du monde 2010. Il obtient ce ballon d'Or du tournoi avec 23,4% des votes, devançant le finaliste déchu Wesley Sneijder (21,8%) et le meilleur buteur de l'équipe championne du monde, David Villa (16,9%).
Le joueur de l'Atletico Madrid a inscrit cinq buts dans ce Mondial sud-africain, autant que trois autres joueurs. Mais c'est Thomas Müller qui rafle la mise, bénéficiant d'un total supérieur avec les passes décisives (trois contre une seule pour les autres prétendants).
Casillas meilleur gardien du tournoi
Iker Casillas, meilleur gardien du Mondial 2010..(AFP)
Vainqueur du Mondial avec la sélection espagnole, Iker Casillas, capitaine de la Roja, a été élu meilleur gardien de la Coupe du monde. Déterminant lors de la finale face aux Pays-bas, le portier du Real Madrid remporte le gant d'Or pour la première fois de sa carrière, lui qui avait déjà remporté un trophée similaire lors de l'Euro 2008.
(lequipe.fr)
Le but en fichier gif signè (al-khadra.com)
|