Tenue en échec par les USA en ouverture (1-1), l'Angleterre n'a rien montré contre une belle équipe d'Algérie (0-0). Mais une victoire contre la Slovénie mercredi enverrait les Trois Lions en huitièmes.
Wayne Rooney a eu beaucoup de mal à se défaire du marquage de l'intraitable Madjid Bougherra, et l'Angleterre a peiné face à l'Algérie (0-0).(REUT)
Visant le titre mondial, l'Angleterre va vouloir prendre exemple sur l'Italie de 1982 : c'est la seule équipe qui a été sacrée championne du monde en commençant la compétition par deux nuls. Mais pour s'offrir son deuxième Graal après 1966, il faudra montrer beaucoup plus de choses que vendredi. Face à l'Algérie (0-0), les hommes de Capello ne lui ont rien offert pour son 64e anniversaire. Strictement rien.
Le retour de Barry dans l'entrejeu n'a pas eu l'effet escompté. Aligné à gauche contre son gré, Gerrard a quitté ostensiblement son poste pour évoluer au milieu. Pas une réussite puisque le milieu de Liverpool a été l'un des plus mauvais de son équipe. Sans idées, sans vitesse, rechignant même à faire le jeu, l'Angleterre peut même s'estimer heureuse de ne pas avoir perdu la rencontre face aux Fennecs. Toujours est-il qu'un succès mercredi contre la Slovénie, avec Dawson en défense puisque Carragher sera suspendu et que King est blessé, qualifierait les coéquipiers de David James (préféré à Green et devenu le septième joueur le plus vieux d'un Mondial à 39 ans et 321 jours) pour les huitièmes de finale...
L'Algérie a une chance de jouer les huitièmes
Défaite de manière cruelle en ouverture contre la Slovénie (0-1), l'Algérie a réalisé un bon match face aux Anglais. Techniquement supérieurs, travailleurs, compacts, les Fennecs ont pu compter sur un bon M'Bohli dans les buts. Le portier formé par Marseille a effectué l'arrêt qu'il fallait face à Lampard (33e). En défense, Bougherra a été énorme contre un Rooney qui a pourtant été le joueur le plus combatif sur le terrain. «C'est terrible de se faire siffler par ses supporters», a ensuite lâché l'attaquant de Manchester United après la rencontre. Devant, Ziani et Matmour ont fait des misères à une arrière-garde anglaise terriblement hésitante.
Lors de son dernier match, contre les Etats-Unis, l'Algérie devra gagner pour espérer passer en huitièmes. Vu ce qu'elle a montré sur ses deux premiers matches, elle en est capable. Les fans algériens prieront pour que la Slovénie fasse un résultat contre l'Angleterre. Les Trois Lions, eux,
Gerrard : «On n'y arrive pas»
Le capitaine anglais n'a pas caché sa déception après le nul contre l'Algérie (0-0).(REUT)
Frustré par le partage des points concédé face à l'Algérie, le capitaine anglais Steven Gerrard a assumé face aux médias les carences actuelles de son équipe. «On a besoin de travailler, de s'améliorer, on n'a pas été bon sur la dernière passe, sur le geste final, on n'y arrive pas, a lâché Gerrard après la rencontre. Je ne cherche pas d'excuses, on n'a pas été bon, maintenant on sait le boulot qu'il nous reste à faire : il faut gagner le dernier match (contre la Slovénie, ndlr). On est sous pression. Mais on n'a pas été bon, on va en chercher les raisons, on va analyser, voir ce qu'on a fait...»
«Je connais ces joueurs, je connais leurs qualités, et face à la Slovénie, j'espère que je verrai la vraie équipe d'Angleterre.» (Fabio Capello)
Même constat d'échec pour le sélectionneur des Three Lions, Fabio Capello, qui a du mal à s'expliquer les nombreuses erreurs de son équipe. «C'est incroyable de faire tant d'erreurs techniques, de perdre autant de ballons, de faire autant de mauvaises passes, peste le technicien italien. C'est comme si les joueurs n'arrivaient pas à se débarrasser de la pression qui, c'est vrai, est forte. Ce n'est pas l'équipe d'Angleterre que je connais. Je connais ces joueurs, je connais leurs qualités. Et mercredi face à la Slovénie, j'espère que je verrai la vraie équipe d'Angleterre.»
Boudebouz : «Ils nous ont sous-estimés»
La satisfaction était en revanche de mise dans le camp adverse. Après sa deuxième sélection et son premier match de Coupe du monde, le Sochalien Ryad Boudebouz a apprécié de tenir tête à des Anglais jugés arrogants : «C'est vrai, ce match nul nous fait plaisir, d'autant que les Anglais nous ont sous-estimés dans les médias ces derniers jours. On avait à coeur de leur montrer qu'on n'était pas là pour rien dans ce Mondial, qu'on avait une bonne équipe. Il nous reste à jouer les Etats-Unis. On sait avec des matches comme ce soir qu'on a les moyens de les battre. Il faudra bien travailler pour avoir une victoire.» (Avec AFP)
(lequipe.fr)
On leur prédisait l’enfer, mais les Algériens sont au paradis. Après une période difficile en termes de résultats depuis leur qualification pour la Coupe du Monde de la FIFA, le dernier en date contre la Slovénie en ouverture du Groupe C (0:1), les Fennecs ont sorti la tête de l’eau au moment où on les voyait couler.
En effet, face à l’Angleterre de Wayne Rooney, Steven Gerrard et autres Frank Lampard, la cote de l’Algérie était au plus bas. Mais après 90 minutes d’un combat héroïque, les joueurs de Rabah Saâdane ont gardé leur cage inviolée et repartent avec le point du match nul. Avec un point au compteur avant la dernière journée, ils gardent intacts leurs espoirs de qualification dans un groupe serré.
Après l’exploit face à l’un des favoris du tournoi, et avant le match décisif contre les USA, FIFA.com vous propose de vous exprimer sur l’avenir des Fennecs :
L’Algérie sera-t-elle au second tour ?
Peut-elle battre les Etats-Unis et espérer un résultat favorable dans l’autre rencontre ? L’Algérie n’a pas encaissé de but ce soir, mais elle n’en a toujours pas marqué. Y parviendra-t-elle face à Landon Donovan et sa bande ?
La parole est à vous !
Les Algériens saluent le nul avec l'Angleterre
(AFP) Vendredi 18 juin 2010
Getty Images
Les youyous fusent des balcons, les voitures klaxonnant envahissent les rues d'Alger, les jeunes aux couleurs de l'Algérie assis sur les portières chantent à tue-tête : les Algériens ont salué le match nul obtenu contre l'Angleterre vendredi en Coupe du Monde de la FIFA 2010 comme un exploit.
"La raison annonçait une défaite avec des Anglais plus forts sur le papier, mais le cœur nous poussait à espérer un exploit : et pour moi, le match nul est un exploit vu l'intensité de la rencontre", dit Toufik, en sortant d'un restaurant où il assisté au match.
Durant tout le match, chaque action des Verts était marquée par des exclamations qui, par les fenêtres ouvertes en cette soirée printanière, résonnaient dans toutes les rues désertes d'Alger.
Mais "chaque contre des Anglais nous donnait des sueurs froides", dit Mustapha, qui, assis dans un petit café du centre ville muni d'un téléviseur, a regardé la rencontre avec un groupe d'amis. "Et après la mi-temps, on y a vraiment cru, les Verts faisaient ce qu'on a toujours voulu qu'ils fassent : attaquer !", ajoute Laarbi, assis à la même table.
Mais les minutes s'égrenaient et les Fennecs n'arrivaient pas à conclure tout en se créant de belles occasions, alternant avec des belles actions anglaises. "On s'est fait peur", avoue Mustapha qui, approuvé par tout le groupe donne au gardien algérien Raïs M'Bolhi le titre de "nouveau chouchou". "Il est calme, réfléchi, il est vraiment très bon", dit-il.
Saâdane : "L'équipe monte en puissance"
(AFP) Vendredi 18 juin 2010
Getty Images
Le sélectionneur de l'Algérie Rabah Saâdane s'est montré très satisfait du 0 à 0 obtenu contre l'Angleterre vendredi soir dans le groupe C du Mondial-2010, estimant que son équipe était en train de "monter en puissance et en qualité de jeu".
Par rapport au premier match perdu contre la Slovénie (0-1), on a vu une autre équipe d'Algérie. Quelle est la différence entre les deux ?
J'ai déjà dit que j'avais récupéré mon équipe type très tard, une semaine avant le Mondial, parce que plusieurs joueurs revenaient de blessure. J'avais dit que nous allions nous améliorer. L'équipe est en train de monter en puissance, en terme de qualité de jeu et de confiance, parce que la confiance aussi c'est très important.
Pourtant votre destin n'est plus entre vos mains pour la qualification...
Sincèrement, je n'ai pas réfléchi à ça. Je savais que ce serait un groupe très difficile. J'ai géré match par match. Maintenant j'ai planifié le prochain cycle, on va travailler beaucoup sur la récupération, parce que beaucoup de joueurs sont fatigués, et qu'il nous reste un match encore très difficile contre les Etats-Unis. Notre problème, c'est la stabilité dans la performance. Les grandes équipes, l'Allemagne, l'Angleterre, sont capables de répéter les grands matches et arrivent à maintenir leur niveau de jeu très longtemps. Nous, on est capable de jouer un grand match et de redescendre encore plus bas au match suivant. Le plus dur pour nous est de maintenir un niveau de jeu.
Pensez-vous que l'Angleterre vous a pris de haut ?
Je ne pense pas. Ni les joueurs, ni l'entraîneur (Fabio Capello), un très grand coach, que j'admire et que j'estime. Je pense qu'on leur a posé des problèmes, on a joué notre football fait de passes courtes, de jeu individuel, et je pense que l'Angleterre n'était pas dans son meilleur jour. Elle n'était pas à son meilleur niveau, elle avait été meilleure contre les Etats-Unis.
Capello : "Arrêter de jouer avec la peur"
(AFP) Vendredi 18 juin 2010
Getty Images
Le sélectionneur italien de l'équipe d'Angleterre Fabio Capello a indiqué vendredi après le match nul (0-0) face à l'Algérie qu'il espérait que son équipe allait "arrêter de jouer avec la peur".
L'Angleterre jouera sa qualification pour les 8e de finale du Mondial mercredi contre la Slovénie (groupe C).
Comment expliquez-vous cette performance de votre équipe ?
Nous n'avons pas fait un bon match. On a raté beaucoup de gestes et près de la surface, on a manqué de réalisme même si ce n'était pas facile de trouver l'espace car l'Algérie a joué avec un seul attaquant et beaucoup de milieux. Je pense que la pression de la Coupe du monde est immense. Les joueurs s'entraînent très bien mais pendant nos deux matches (contre les USA et l'Algérie), je n'ai pas vu la même chose. Mais j'ai dit aux joueurs qu'on avait encore une chance de pouvoir aller de l'avant lors du troisième match, le nul des Etats-Unis contre la Slovénie (2-2) fait notre affaire.
Qu'est ce qu'il faudra changer contre la Slovénie mercredi ?
J'espère que je verrai l'équipe d'Angleterre sur le terrain. Car là, ce n'est pas l'Angleterre que je connais. J'ai revu aujourd'hui les même choses que j'avais vues quand j'ai commencé à entraîner l'équipe. J'espère qu'on va arrêter de jouer avec la peur. C'est incroyable les erreurs des joueurs, les contrôles et les passes faciles manqués... Incroyable à leur niveau. Peut-être que la pression est si forte qu'elle affecte la performance des joueurs.
Avez-vous été surpris par l'Algérie ?
L'Algérie a eu une bonne possession du ballon mais très peu d'occasions de marquer. Elle a très bien défendu. Ce résultat est bon pour l'Algérie, mais pour nous aussi.
Où est passé Wayne Rooney ?
Je ne veux pas m'attarder sur un joueur en particulier, je préfère parler de la performance collective. Rooney n'a pas joué comme le vrai Rooney mais ce n'est pas ça le problème.
Y a-t-il un problème dans le groupe ?
Nous avons un très bon groupe, qui s'entraîne bien ensemble. Le problème, c'est que nous ne sommes pas assez bons collectivement. J'espère qu'une belle performance (contre la Slovénie) va venir et qu'après les joueurs auront l'esprit libéré et qu'on jouera comme l'Angleterre que je connais.
Allez-vous démissionner si l'Angleterre ne se qualifie pas ?
Il est trop tôt pour parler de ça.
’Algérie peut toujours y croire (0:0)

Impressionnants de solidité, les hommes de Rabah Saâdane ont accroché une Angleterre peu inspirée ce vendredi 18 juin pour la deuxième journée du Groupe C.
Cette belle résistance permet aux Fennecs de continuer à rêver aux huitièmes de finale. Mais la mission reste très délicate, puisqu'il faudra battre des Américains remontés comme des pendules dans cinq jours, tout en espérant que la Slovénie s’incline devant l’Angleterre.
Pourtant, l'entame laissait à penser que les Algériens allaient souffrir, souffrir et aussi souffrir : dès la quatrième minute, Steven Gerrard inquiétait Raïs M’Bolhi, qui remplaçait le malheureux Faouzi Chaouchi dans les cages.
Yahia au four et au moulin
Mais rapidement, les Fennecs répondait du tac au tac à leur adversaire du jour. Frank Lampard obligeait M’Bolhi à se coucher sur une jolie frappe du gauche(33’) ? Karim Ziani répondait en tirant de peu à droite des montants de David James, lui-aussi nouvel arrivant entre les bois (35’).
Gareth Barry s'essayait de loin (39’), Wayne Rooney (43’) et Emile Heskey (70’) rataient la cible, Gerrard la trouvait mais les gants de M’Bohli en même temps (71’). Autant de tentatives malhabiles, qui laissaient les spectateurs de plus en plus sceptiques quant à la capacité de la Perfide Albion à trouer la muraille algérienne.
A l'inverse, l’EN, ragaillardie, faisait mieux que tenir. A l’image du défenseur Anther Yahia, suffisamment à l’aise pour tenter quelques raids en direction des buts anglais. Mais au moins aussi brouillons que leurs opposants, les Africains ne parvenaient pas à se créer de vraies occasions.
Pour les 64 ans de Fabio Capello et les 28 de Nadir Belhadj, les deux adversaires se quittaient finalement bons amis. Un résultat qui place l’Angleterre dans une position plutôt inconfortable puisque les Three Lions devront impérativement s’imposer devant la Slovénie pour espérer rejoindre les huitièmes de finale. Pour les Algériens, ce premier match mondialiste de leur histoire sans encaisser de but est synonyme d'espoir.
Les belles phases du match en fichier gif.
   
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